David Van Reybrouck
écrivain, historien belge, reconnu pour ses ouvrages sur l'histoire et la politique (Congo, Revolusi, Contre les élections…). Engagé dans le débat public, il est également connu pour ses réflexions sur la démocratie et le climat. En 2025, il a été nommé “Penseur national” dans les Pays-Bas et la Flandre.
A l’heure où les démocraties représentatives sont en crise, à l’heure où le biais de confirmation éloignent progressivement les points de vue, l’écoute et le consenus, David Van Reybrouck nous propose de redécouvrir le « preferendum »… un outil visant à réconcilier le citoyen et les instances politiques.
Le point de départ ?
Une enquête de l’ULB et de l’Université d’Anvers qui révèle un décalage entre les partis politiques et leurs électeurs. « Généralement les partis sont plus radicaux que leur électorat. Donc des gens qui disent voter, par exemple, pour le PS sont moins à gauche que le PS. Des gens qui disent voter MR sont moins à droite que les réponses données par le MR. C’est quasiment vrai pour tous les partis, sauf pour Vooruit en Flandre et Les Engagés, qui ont répondu plus ou moins de la même manière que la majorité de leurs électeurs » explique Bertrand Henne de la RTBF.
Le système du preferendum ressemble à un questionnaire d’une vingtaine de propositions sur un certain thème, où chaque citoyen répond par un ordre de grandeur (plutôt en faveur ou plutôt opposé). C’est en réalité assez similaire au test électoral proposé par les médias avant les élections.
Ce type de consultation populaire a l’avantage de réintroduire de la nuance, de responsabiliser le citoyen et devrait s’accompagner d’informations claires sur chaque thématique pour que la population comprenne les enjeux avant de se positionner.